Posté le 17 Juillet 2026
Se retrouver avec les voies nasales totalement encombrées juste avant un embarquement est une situation particulièrement délicate, car la physique des variations de pression ne pardonne pas quand les trompes d'Eustache refusent de s'ouvrir. Pour bien mesurer le problème, il faut rappeler que lors de la phase d'atterrissage, la pression atmosphérique dans la cabine augmente rapidement, passant schématiquement de l'équivalent de 2 400 mètres d'altitude au niveau de la piste en l'espace de seulement vingt à trente minutes, ce qui impose une contrainte mécanique énorme sur des tympans qui ne peuvent plus s'égaliser si le canal est obstrué par le mucus.
Les sprays décongestionnants à base de xylométazoline ou d'oxymétazoline, que l'on trouve facilement sans ordonnance, affichent généralement une efficacité redoutable pour réduire l'œdème de la muqueuse nasale en provoquant une vasoconstriction locale rapide. Les études cliniques montrent souvent un soulagement notable de la perméabilité nasale en moins de dix minutes, ce qui permet de libérer l'orifice interne des trompes d'Eustache. Pour un vol de deux ou trois heures, une pulvérisation environ trente minutes avant le décollage, et surtout une seconde pulvérisation très exactement trente à quarante-cinq minutes avant la descente, permet de maintenir les canaux ouverts au moment critique où le risque de barotraumatisme est le plus élevé. Il convient tout de même d'utiliser ces produits avec parcimonie pour éviter l'effet rebond bien connu si l'on prolonge l'utilisation au-delà de cinq jours consécutifs.
En complément, les manœuvres physiques doivent être pratiquées avec une extrême précaution quand on est malade. La méthode de Valsalva, qui consiste à souffler par le nez en se pinçant les narines et en gardant la bouche fermée, est certes la plus connue, mais elle présente un risque non négligeable de forcer l'air infecté des sinus directement vers l'oreille moyenne si le blocage est total, ce qui pourrait aggraver une inflammation ou provoquer une otite barotraumatique. Il est souvent préférable d'opter pour la manœuvre de Toynbee, qui associe une déglutition à un pincement du nez, ou simplement de multiplier les gorgées d'eau toutes les minutes pendant toute la phase de descente de l'appareil. Boire un grand volume d'eau, environ un demi-litre par heure de vol, aide également à fluidifier les sécrétions, rendant l'action des décongestionnants et les mouvements naturels de la déglutition beaucoup plus efficaces pour protéger les tympans de la surpression.